La Kiss Room, 10 m2, 1000 miroirs, 1000 nuits



La Perle, Paris, FR
13/11/2013 - 18/11/2016


In situ artwork by Mathias Kiss

 

Une mise en abîme crée par 1000 miroirs.

Folie narcissique et émotionnelle.

Privatisable le temps d'une nuit.

 

 

 

 

 

Une porte dérobée jouxtant un café plutôt couru du Marais. Au fond du couloir, une autre porte que l’on remarque à peine donne sur ce qui fut autrefois une réserve. Mais aujourd’hui, sa fonction est tout autre. Pour ne pas dire que la magie s’opère dès lors que l’on pénètre dans ce local où Mathias Kiss est intervenu pour mettre tous nos sens en éveil. L’endroit ne mesure pas plus d’une dizaine de mètres carrés et pourtant, l’on peine à en distinguer la physionomie tant la présence des mille miroirs qui recouvrent l’intégralité des parois en perturbent au départ la perception. Mathias Kiss semble avoir pris le contre-pied de ce confinement pour gommer, voir annuler l’architecture de l’espace. Et créer en quelque sorte une présence par l’absence. Car, inévitablement, le visiteur capte de prime abord sa propre image avant de chercher à saisir d’autres repères. Alors, le regard se perd dans l’infini créé par le vis-à-vis des surfaces réfléchissantes. Une épreuve autant qu’une expérience pour se retrouver dans un face-à-face qui met à rude épreuve la moindre envie de narcissisme. Puis, au milieu de ce jeu de reflets, l’on distingue peu à peu un lit, une table-bureau et une salle de bain dont l’apparence volontairement colorée par des teintes primaires se démultiplient dans le champs de vision à la manière d’une peinture de l’abstraction géométrique. Saut que ce sont ici des miroirs et de la lumière qui donnent vie à cet effet chromatique. D’ailleurs, la présence d’objets fonctionnels laisse bien entendre que le lieu a été pensé pour y passer un certain moment. Très exactement, l’une des mille nuits inscrites au projet de l’artiste. 1000 miroirs pour 1000 nuits qui sont autant de performances à vivre. Il ne s’agit pas pour autant d’une chambre d’hôtel ou d’une chambre d’hôte. Mathias Kiss a plutôt imaginer ce lieu comme une cellule ou une capsule au choix que l’on vient s’accaparer durant 24 heures, le temps de mener à bien l’expérience d’une décompression à moins que ce soit celle d’une introspection. Enfin, Mathias Kiss ne se pose pas la question de savoir s’il a fait acte de design, d’architecture ou d’art. Il a plutôt voulu imaginer un environnement global, qui puise dans chacune des pratiques à sa disposition pour provoquer une invitation à séjourner autant qu’une incitation à regarder autrement.

Olivier Reneau

 




 

 

 

 

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