Mathias Kiss mène une réflexion autour de la déconstruction de l’héritage classique à la croisée de la peinture, de la sculpture et de l’architecture. Pour des raisons intrinsèques aux étapes de son parcours, son travail provoque l’effacement des barrières entre l’art et l’artisanat, dans la lignée de courants comme le mouvement Arts & Crafts ou l’école du Bauhaus.


Il acquiert une maîtrise du vocabulaire académique chez les Compagnons par la connaissance des savoir-faire appliqués à la restauration des monuments historiques et des styles qui ont façonné l’histoire de l’ornement. Au terme de son apprentissage, Mathias Kiss éprouve le besoin de s’affranchir des dogmes dictés par sa corporation. Débute un travail de questionnement artistique au sein duquel les éléments de décor sont déviés de leur statut iconique ou de leur fonction. Ils investissent le champ de l’abstraction pour devenir sculptures, toiles ou installations in-situ.


Parallèlement, son vocabulaire stylistique s’affirme dans un héritage diamétralement opposé à sa culture d’origine. En évoluant vers un radicalisme des volumes et des lignes, il donne lieu à une perception moderniste de ses œuvres. On peut lire dès lors la singularité d’une démarche postmoderne où s’exprime un dialogue entre deux héritages : le classicisme de tradition française d’un côté et le modernisme (ou style international) de l’autre, par la fusion de codes oscillant perpétuellement entre une symbolisation du passé et sa déconstruction.


David Herman