In Situ

 


Galerie Alain Gutharc, Paris, FR
03/09/2016 - 24/09/2016

 

Exposition personelle

 

 

Oeuvre presentée:

 

In Situ #2, 2016
installation in situ
feuille d'or 
dimensions variables

 

 

 

L’artiste, ancien compagnon, mène une réflexion sur l’ornementation à travers les codes passés et futurs de l’habitat. Son travail construit autour de références stylistiques intemporelles utilise savoir-faire artisanal et expérimentation contemporaine.

L’oeuvre IN SITU interroge le support, sa place et sa perception, la dorure à la feuille habituellement réservée aux surfaces nobles et précieuses est ici posée en aplat. En intervenant sur le sol l’artiste oblige le visiteur à marcher sur cette matière, transgressant son caractère sacré, y laissant traces et usures, créant un tableau vivant, une scène ou les acteurs involontaires y jouent une performance.

Mathias Kiss questionne le sens de ce geste, sur le vide exposé par ce socle, sur la dualité du cou- ple murs/sol. Entre ornement contemporain, oeuvre in situ, ce hors-cadre radical propose à chacun d'en vivre l’expérience...

 

 

“Recouvrir le sol de la galerie de feuilles d’or. Au-delà de son effet éblouissant (la surface scintille à la lumière du jour), le geste relève d’une inversion piquante de l’ordre et de la valeur des choses : l’or nappe le sol quand il est traditionnellement destiné à cerner l’espace et les œuvres (sur les cadres et sur les corni- ches). Ici, le précieux métal feint de s’effacer : tout en étant placé à ras de terre, il fait briller les murs du white cube, espace clinique et aseptisé, pour leur dérouler comme un pont d’or.

L’œuvre in situ glisse donc au second plan, alors même qu’elle recourt à un matériau luxueux et ostentatoire, un matériau de premier plan. Le renversement rebondit sur le spectateur : doit-on, peut-on, va-t-on marcher dessus ou pas ?

Dans un cas, cela revient à fouler au pied les feuilles d’or, à participer à leur usure et à leur dispa- rition progressive – dans l’autre, cela revient à se tenir à bonne distance, et à adopter dans ce lieu marchand la même attitude que celle à laquelle on se tient dans un site patrimonial où on n’est pas censé toucher ni faire comme chez soi. Mais, il va bien falloir s’avancer et rentrer pour en avoir le cœur net.”
Artiste lauréat du Prix YIA ART FAIR 2016 (Bruxelles) pour l'art contemporain.
Judicaël Lavrador

 

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